Méthode · 8 min de lecture
Quel·le story-boarder·euse êtes-vous ?
Les 5 profils du story-board e-learning
Le story-board est un carrefour où se rencontrent concepteur·rice pédagogique, commanditaire, graphiste, intégrateur·rice, chef·fe de projet et parfois même l'acteur·rice qui prête sa voix. Mais derrière chaque story-board se cache une plume, et toutes ne se ressemblent pas. Petit voyage dans les coulisses du story-board, et un test pour savoir quel profil vous habite.
Par Lauriane & Francis, Les Façonautes

Lorsque nous débutons un projet e-learning, le story-board est un passage obligé. Véritable cheville ouvrière du module, il en est à la fois le plan de construction, le scénario et le fil rouge. C'est lui que l'on relit, que l'on annote, que l'on valide avec vos expert·es, avant la moindre ligne de production. Mais d'où vient-il vraiment, ce fameux story-board ?
Un outil hérité du cinéma
Le story-board, tel que nous le connaissons aujourd'hui, est né dans l'industrie du cinéma au début des années 1930. Le procédé a été développé dans les studios Walt Disney, où l'un des premiers story-boards complets a vu le jour pour le court-métrage d'animation Three Little Pigs (1933). Le principe : représenter chaque scène sous forme de vignettes dessinées, afin de planifier la narration et l'enchaînement des plans avant de lancer la production.
Cette idée de prévisualisation a ensuite essaimé bien au-delà du cinéma : la publicité, l'animation, le jeu vidéo… et, tout naturellement, le e-learning.
En e-learning, un guide indispensable
Dans le domaine de la formation numérique, le story-board est devenu un véritable plan de conception pédagogique. Il décrit, écran par écran, tout ce qui compose le module : textes, visuels, interactions, narration, intentions pédagogiques, etc.
Il joue plusieurs rôles essentiels :
- Structurer le parcours d'apprentissage, du premier écran à l'évaluation
- Coordonner les parties prenantes : graphistes, intégrateur·rices, narrateur·rices, expert·es métier
- Assurer la cohérence entre les objectifs pédagogiques et la mise en forme
- Anticiper les contraintes techniques et budgétaires
Qui se cache derrière le story-board ?
Derrière chaque story-board, il y a… un·e « story-boarder » (ou metteur en scène). Et tous ne se ressemblent pas ! En fonction des traits de personnalité de chacun, des métiers côtoyés, des tempéraments, des contraintes projet ou des attentes du commanditaire, le style de rédaction varie.
Nous n'avons pas résisté à l'idée d'imaginer cinq archétypes, un brin caricaturaux, que nous avons eu l'occasion de croiser… ou d'incarner nous-mêmes.


L'Architecte
- Son profil
- Méthodique et ultra-organisé·e, il ou elle pense à tout. Chaque écran, chaque phrase, chaque interaction est décrite au millimètre.
- Ses forces
- Un cadrage précis, l'anticipation des contraintes, une lecture limpide pour l'intégration et le graphisme.
- Ses limites
- Peut brider la créativité et ralentir la dynamique du projet par excès de formalisme.
- Son credo
- « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement (et intégralement). »
« Le code RVB du bouton « Suivant » de l'écran 22.05 n'est pas le bon. Je corrige ça tout de suite. »

L'Économe
- Son profil
- Minimaliste et synthétique, il ou elle écrit peu, mais bien. Tout est dans l'intention, pas dans l'explicite.
- Ses forces
- Laisse de la place aux autres corps de métier et favorise l'interprétation créative.
- Ses limites
- Peut désorienter les équipes si les intentions ne sont pas assez claires.
- Son credo
- « Moins on en dit, plus on inspire. »
« Tu vas voir, c'est limpide dans ma tête. »

Le·la Visionnaire
- Son profil
- Créatif·ve et tourné·e vers l'impact pédagogique, il ou elle propose des idées ambitieuses, parfois révolutionnaires… et parfois techniquement irréalisables.
- Ses forces
- Apporte des angles originaux et ouvre le champ des possibles.
- Ses limites
- A besoin d'un bon ancrage technique pour ne pas décrocher des réalités de production.
- Son credo
- « L'apprenant d'abord. Le reste suivra. »
« Et si on commençait par une immersion à 360°, avec un avatar doté d'une intelligence artificielle qui guide l'apprenant ? »

Le·la Producteur·rice
- Son profil
- Le pragmatisme avant tout. Il ou elle optimise le temps, les coûts et la production : moins de surprises, plus d'efficacité.
- Ses forces
- Des modules rapides à développer, un process maîtrisé, un budget respecté.
- Ses limites
- Un risque d'uniformisation des formats, et de perte d'originalité et d'engagement des apprenant·es.
- Son credo
- « Ce qui est fait vite et bien vaut mieux qu'un chef-d'œuvre inachevé. »
« On recycle l'interaction quiz de la formation précédente. C'est carré, ça fonctionne. »

Le·la Créatif·ve
- Son profil
- Avant tout attiré·e par la mise en scène, la forme, le plaisir d'écrire et de concevoir. Le contenu devient un terrain d'exploration.
- Ses forces
- Un apport visuel fort, une ambiance immersive, un ton original.
- Ses limites
- Peut s'éloigner des objectifs pédagogiques si le fond est négligé.
- Son credo
- « Un module, c'est d'abord une expérience. »
« Le scénario se passe dans un vaisseau spatial où l'apprenant·e est le dernier survivant… »
Et vous, quel profil vous habite ?
Quatre questions, cinq réponses possibles à chaque fois : répondez spontanément, il n'y a pas de mauvaise réponse.
Un métier caméléon
Bien sûr, vous l'aurez compris, ces profils sont volontairement typés (quoique…). La réalité est plus nuancée, et nous avons tous un peu de chacun en nous. Le story-board est, à ce titre, un espace de compromis entre rigueur, créativité, intention pédagogique et contraintes opérationnelles.
Chez Les Façonautes, nous travaillons en binôme : l'un tient la barre de la conception pédagogique, l'autre celle de la création graphique. Cette double lecture nous aide à équilibrer les profils, pour que l'Architecte n'étouffe pas le·la Créatif·ve, et que le·la Visionnaire garde toujours un œil sur la production.
Être story-boarder·euse, c'est en quelque sorte être un caméléon de la pédagogie : ajuster son approche à chaque projet, chaque équipe, chaque contexte. Et c'est un métier qui n'a pas fini de nous surprendre !
Vos questions
Q.Faut-il toujours un story-board pour un module e-learning ?
Selon nous, le story-board est quasi indispensable pour structurer et valider l'intention pédagogique d'un module e-learning. Il permet d'obtenir un consensus sur le rendu final désiré par les acteurs du projet. Sans lui, le module peut partir dans tous les sens, sans points d'ancrage stables qui permettent de lancer une production. Selon le projet, un synopsis détaillé peut suffire pour lancer la production, puis être enrichi au fil des validations.
Q.Qui valide le story-board ?
Le commanditaire et ses expert·es métier valident le story-board en s'assurant que les messages de fond et leur déclinaison (pédagogique et graphique) soient en adéquation avec les savoirs que l'on souhaite transmettre. De notre côté, nous veillons à la cohérence pédagogique, graphique et technique avant de passer à la production.
Bon vent !
Un projet de formation en tête ? Parlons-en, ou découvrez nos réalisations.


